Lisette Heinic, une des dernières survivantes des camps

//Lisette Heinic, une des dernières survivantes des camps

Lisette Heinic, une des dernières survivantes des camps

Jeudi 30 avril 2015, lors de la commémoration du 70ème anniversaire de la libération des camps de concentration et d’extermination, nous avons eu la chance de rencontrer Lisette Heinic, ancienne déportée pendant la Seconde Guerre mondiale, qui nous a fait part d’un témoignage rare et précieux à la Grande Passerelle de St-Malo.
Lisette Heinic, 94 ans, commence son histoire devant un public captivé de tout âge.
A l’âge de 23 ans, résistante, elle est arrêtée par la brigade antiterroriste de Paris après avoir été dénoncée pour avoir distribué des tracts contre l’occupant Nazi.
Elle est d’abord emprisonnée à la Petite Roquette à Paris puis déportée au camp de concentration de Ravensbrück en Allemagne le 10 août 1944.
Entassés dans le train comme des animaux, dans une chaleur et des odeurs insupportables, avec des conditions d’hygiène déplorables les déportés arrivèrent en Allemagne. Là-bas, ils sont déshabillés, inspectés et conduits sous la douche.
En arrivant dans la pièce, Lisette Heinic espère seulement que ce soit bien de l’eau tiède et non du gaz.

Ainsi, pendant 8 mois elle porte la blouse rayée avec un triangle rouge cousu qui signifie qu’elle est une déportée politique.
Devant un public silencieux, Lisette Heinic récite son numéro 52598 en Allemand, un numéro qu’elle n’oubliera jamais.
Les mois passent, elle subit les travaux forcés, une sous-alimentation, les maladies, les violences physiques et morales et la peur permanente de mourir. Lisette Heinic travaille 12h par jour dans une usine d’armement mais ne supportant pas d’être enfermée, elle demande à travailler dehors dans les champs. Sur la route du travail, elle pouvait parfois manger des racines de pissenlit, ce qui faisait le bonheur de sa journée.
C’est avec beaucoup d’humour qu’elle relate quelques anecdotes : «Nous avions eu chaud à ce moment-là même s’il faisait très froid..» en se remémorant le jour où un SS s’est énervé et a brandit son arme vers les travailleuses.

“On ne m’a pas crue”

Puis le matin du 19 mai 1945, au réveil les déportées trouvent le camp libre. Les Allemands sont tous partis durant la nuit.
Le camp est libéré ! Lisette Heinic a dû ressentir la plus grande émotion de sa vie.
Lisette Heinic retrouve alors sa famille, un moment de bonheur…

  “Cela m’a soulagée”

A Paris, la guerre était finie, personne ne voulait entendre ce qu’avait vécue Lisette « on ne m’a pas crue » ni même ses parents. On lui demandait de ne plus y penser, « comment vouliez-vous que j’oublie ça ? » dit-elle. Elle décide alors de se taire.

En 2000, arrivée à St-Malo, après 50 ans de silence, elle décide de raconter son histoire «  cela m’a soulagé ». Elle prend alors la parole afin que les jeunes générations prennent conscience de cette horreur, qui existe encore aujourd’hui en Corée du Nord par exemple, mais que beaucoup de personnes ignorent.

Ce témoignage poignant d’une femme courageuse nous montre aujourd’hui qu’il faut rejeter les discours haineux et discriminatoires et s’intéresser au monde dans lequel nous vivons.

 Juline Pimont, élève en 1ère STI2D

Par | 2016-11-03T22:13:08+01:00 mai 12th, 2015|Actualités|0 commentaire

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